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Critiques filtrées sur 4 étoiles  
Une madeleine sonore

Quelle est cette « chanson bretonne » qui revient à la mémoire de JMG le Clézio, l'écrivain de « Désert », de « Gens des nuages » et de tant de titres encore qui évoquent plutôt l'île Maurice, l'Afrique, le Maghreb ou le Nouveau-Mexique que le cap Finistère ? Cette chanson s'élève d'un petit coin de Bretagne, situé sur une rive de l'Odet, juste en face de Bénodet, à Sainte Marine.
L'auteur y est venu enfant, chaque été entre 1948 et 1954. Il y est retourné adulte pour y retrouver l'écho de ce pays breton dont il admire l'authenticité et la force identitaire. Tout a bien changé depuis, mais il y entend encore les accents du vieux « patois » d'une langue dont l'Académie et l'École interdisaient l'usage aux enfants à cette époque. Il y avait là pourtant un vrai « cheval d'orgueil » que les « Yanik, Pierrik, Fanch, Soizik » ont dû brimer sous prétexte de « réussir leurs études ».
Les notes de la « chanson » lui sont maintenant jouées par des objets devenus « décoratifs », « fétiches du temps jadis » : la pompe à eau du vieux village, les rouages des chaînes du bac, les bornes kilométriques. Chemin faisant, le long de ces rues, de ces sentiers rongés par la modernité, c'est une madeleine sonore qui réveille la mémoire de l'auteur : il entend encore la musique d'un sonneur sur la lande, les « sons aigres des binious et des bombardes » dans le château disparu du Conquer, « un chant vernaculaire » qu'entament des paysans, ou bien encore, certains soirs de tempête, du côté des menhirs, dolmens et peulvens, la vibration particulière de la « Roche qui chante ».
Par les réminiscences, il parvient à ressusciter « cette chaleur des fêtes de nuit, avec le fond sonore aigrelet du biniou et de la bombarde, et que le vent à emportées ». Magie d'une écriture qui vient aussi jusqu'à effleurer les touches les plus intimes du lecteur.

Lien : http://ericbertrand-auteur.n..
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Un voyage dans la Bretagne de son enfance, et plus particulièrement à Sainte Marine près de Bénodet. Sans aucune nostalgie il évoque les divers moments de son existence depuis la guerre avec des mots empruntés à la langue bretonne, et nous décrit une nature magnifique au gré des saisons. le texte est bercé par une douceur pastorale qui fait vibrer les épis de blé en été.......
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On retrouve l'écriture élégante de l'auteur et surtout ces récits laissent une trace durable dans nos pensées tant il parvient à travers son histoire à nous interroger sur les premières années de nos vies, sur ces souvenirs qui se mélangent dans nos têtes entre rêve et réalité.
Au fond, il est question de l'importance de consoler l'enfant qui reste en nous pour conquérir son futur.
Lien : https://yaourtlivres.canalbl..
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Une critique très subjective
J'habite maintenant Bénodet juste en face de Sainte Marine, l'adorable petit port dont parle Jean Marie LeClezio
J'y suis très souvent et mon enfance s' est passée dans cette région jusqu'à la fameuse Pointe de la Torche , haut lieu du surf, du vent ,des grands espaces et de liberté
Le début du livre ne m'a pas plu.L'auteur part dans le registre «  C' était mieux avant », style vieux radoteur .Quand il regrette la construction du magnifique Pont de Cornouaille qui a permis depuis 60 ans des échanges fructueux entre deux »pays » fouesnantais et bigouden et un bond dans la modernité, il est complètement à côté de la plaque
Le Clezio n'est pas Prix Nobel pour rien et, heureusement pour le lecteur breton que je suis, il retrouve vite son remarquable talent de conteur
Rien d' original pour moi qui ai connu la région un peu après lui.
Mais il est vraiment très fort pour faire ressentir au lecteur l'ambiance de l'époque.Vers le fin de cette Chanson Bretonne, il devient plus positif et admet que la Bretagne est une terre pleine d'espoir.Aucun finistérien n' en doute en 2022 et l' identité bretonne n'est pas prêt de disparaître
La deuxième partie L'enfant et le guerre dans l' arrière pays niçois
Le Clezio raconte ses souvenirs de guerre
Comme il est né en 1940, ils sont forcément lointains et imprécis
Il a l'honnêteté de reconnaître quels ses «  souvenirs « ont été enjolivés ou modifiés par des récits de guerre bien postérieurs notamment dans le cadre familial
Ce court texte est surtout l'occasion de réflexions sur la guerre. C'est intéressant mais assez superficiel
J'ai donc apprécié ce livre pour sa qualité d' écriture mais il ne m'a procuré aucune émotion.Première partie agréable si vous aimez le Finistère ou si vous y êtes en vacances mais cela ne restera parmi les textes majeurs de le Clezio
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Très accessible. Souvenirs de vacances d'été dans le Finistère sud - à Sainte-Marine, entre autres. Petite enfance durant la Seconde Guerre, à Nice et dans l'arrière pays. Bien écrit et plaisant : il dépeint un monde rural et pauvre, mais authentique.
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J'ai été plutôt déçue. En fait la catégorie littéraire annoncée - "conte" - signifie ici que, la mémoire des faits étant lacunaire, le récit est "augmenté" par des suppositions, des impressions, des analyses a posteriori.
Dans "Chanson bretonne", on a droit à une petite leçon (intéressante) de langue bretonne. Vers 10-12ans JMG passe ses étés en Bretagne et parle, entre autres, de l'évolution du monde rural. Ce n'est pas propre à la Bretagne et, dans certains pays d'Europe, on a connu ce monde d'antan jusqu'à il y a peu.
Dans "l'Enfant et la guerre", JMG est trop jeune (moins de 5 ans) pour comprendre les évènements de la 2de guerre mondiale et il nous transmet donc un récit plutôt réduit.
Bien sûr, venant d'un prix Nobel, ces propos nous intéressent malgré tout.
Mais il n'y a pas la magie, la poésie présentes dans maints romans de JMG.
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Un conte plein de charme sur les souvenirs de l'enfance .
Un hymne à la Bretagne , à la beauté de ses paysages, à ses paysans, à sa langue et son abandon au profit du tourisme et de sa modernité.
C'est beau et touchant grâce à la belle écriture de J.M. le Clézio.
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Sur les tendres chemins de la mémoire, sur les crémeux sentiers des souvenirs de l'enfance, nous sommes conviés à mêler nos pas dans ceux de J.M.G. le Clézio pour une belle et chaleureuse escapade en terres bretonnes.
Une enivrante promenade aux doux parfums iodés.
Une rencontre, aussi, avec l'Histoire de la Seconde Guerre à hauteur d'enfant. Sensible. Touchante.
« Je suis souvent revenu à la Torche. [...] Chaque fois que je suis en Bretagne, je visite la pointe, pour retrouver le souvenir de ce que c'était, cinq ans après la fin de la guerre. le monde change vite, les enfants d'aujourd'hui viennent aussi à la Torche, mais ils voient autre chose. Ils glissent comme des oiseaux sur les longues vagues, à cheval sur leurs planches de surf, il y a même des cerfs-volants géants qui les baladent au-dessus des remous qu'on disait jadis mortels. C'est bien, il convient d'oublier les champs de bataille, d'ignorer les restes des forteresses bâties par les esclaves russes et polonais. Moi, je ne le pourrai pas. Dans l'éclat de la mer, la neige aveuglante des nappes d'écume, je vois la violence de l'Histoire, la violence et la fourberie, et sur les ruines solennelles du monument de l'âge du bronze, j'aperçois toujours les dents noires fossiles du grand requin de guerre. »
Sainte-Marine, ce village d'été que l'auteur fréquentait chaque année.
« Je vois la cale du port, les vieilles maisons, l'abri du marin, la chapelle mignonne. Tout est à la même place, mais quelque chose a changé. Bien sûr le temps est passé, sur moi et sur les maisons, le temps a usé et repeint, a modifié l'échelle, a modernisé le paysage. La route est goudronnée, et surtout bariolée de peinture blanche, ces signalisations qui tracent les places de stationnement, créent des chicanes, des pointillés, des stops. On a construit des ronds-points pour contrôler le flux des voitures, des portiques en bois pour interdire le passage des camping-cars, des panneaux pour réglementer le stationnement, des bornes et des arceaux pour l'interdire. Les cafés sont apparus, les crêperies avec terrasses et parasols, les magasins de cartes postales et de souvenirs. Tout cela brille d'un vernis de modernité provinciale, une sorte d'imperméabilisant pour rendre le village étanche au temps, pour le protéger des atteintes contre le passé, un vernis au tampon sur un meuble d'antiquaire. [...] »
Au bout de l'enfance, il y a l'Afrique, entraperçue dans cet ouvrage et plus longuement découverte dans d'autres oeuvres de l'auteur. « C'est l'Afrique qui va nous civiliser. C'est en Afrique, le continent considéré aujourd'hui comme oublié, que nous allons connaître pour la première fois la liberté, le plaisir des sens, l'abondance de la nature. »

Il est des voyages nécessaires pour un auteur.
Il est des voyages, deux contes ici précisément qu'il aurait été dommage de ne pas partager.

Merci Monsieur le Clézio.

« Sur des photos en noir et blanc, prises par un amateur, après le bombardement de Berlin, des enfants errent en haillons, sur fond de ruines fumantes. Dans cette imagerie de la guerre, il n'y a pas de bons ni de méchants. Il n'y a pas d'ennemis. Il y a d'un côté des enfants, de l'autre la machine aveugle et féroce, aux mains d'adultes que leurs uniformes et leurs armes mettent à l'abri de toute identification. »
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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Beaucoup de charme dans ce petit livre des souvenirs d'enfance de l'auteur.
Né en 1940, il a passé ses vacances en Bretagne de 1948 à 1954. Revenant dans la Bretagne de son enfance 50 ans plus tard, c'est bien sûr une autre Bretagne qu'il retrouve.
Dans le désordre, il évoque des petits faits qui l'ont marqué. Les filles de la ferme avec qui jouaient son frère et lui. le lait des vaches qu'il allait chercher chaque jour à la ferme. La pièce à vivre au sol en terre battue de cette ferme. L'eau puisée au puits du village, ramenée dans des brocs et qu'il faut s'efforcer de ne pas perdre en route. le bac qui traversait l'Odet et qui plus tard fût remplacé par un pont.
Pas de chronologie, des moments vécus qui restent en mémoire. Il est resté très attaché à cette Bretagne si proche de la nature mais où la vie des paysans était très dure.
J'ai bien aimé la manière simple et très touchante de raconter "sa" Bretagne.
"L'enfant et la guerre", court récit qui suit sa "Chanson bretonne" nous dit les moments qui l'ont marqué lorsqu'il vivait pendant la guerre à Nice avec son frère, sa mère, ses grands-parents. A-t-il vraiment vécu ces moments ou lui ont-ils été rapportés par ses proches ? Ce dont il est certain c'est d'avoir vraiment vécu l'explosion de la bombe dans le jardin voisin, le sol de la salle de bain se dérobant sous ses pieds alors qu'il regardait la baignoire se remplir.
Il s'interroge sur l'impact de la guerre sur les enfants. Qu'elle soit en Irak, au Liban, en Syrie elle laissera toujours des traces sur les enfants qui la subissent.
Un petit récit très humain. Au travers de ce qu'il a vécu lui-même étant enfant, sans pour autant être capable de comprendre ce qui se passe autour de lui. Il sent, devine ce qui est tu, pour le protéger. Les enfants qui vivent des guerres porteront toujours en eux, des traces de ces horreurs, des dangers, des drames qu'ils ont vécus.
Un petit livre plein d'atmosphère, qui se lit avec plaisir.
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Le second conte de ce livre, l'enfant et la guerre, évoque avec force les souvenirs d'un petit enfant dans la guerre. Souvenirs qui sont plus des sensations, notamment la faim.
J'ai particulièrement aimé ce texte qui explore la guerre sous un angle que je n'avais jamais lu.
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