AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782815907873
232 pages
L'Aube (02/05/2013)
4.3/5   10 notes
Résumé :
"Mes yeux sont sourds, mes paupières restent closes et ma bouche, éteinte. Car je suis bel et bien mort. Mais c'est avec stupéfaction que je comprends que je vais tout entendre de leurs discours. Et que mon enfer durera quarante longs jours."

Le narrateur est mort, certes, mais il est bel et bien le personnage principal de la tragi-comédie qui va suivre ! Condamné au silence, il assiste, impuissant, au pugilat entre ses femmes et à la détresse de sa m... >Voir plus
Que lire après Quarante jours après ma mortVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
L'histoire se déroule au Maroc, où le corps du narrateur, décédé, est acheminé depuis Paris pour être inhumé auprès des siens.
Pourtant, la France, il y a grandi, réalisé des choses, fait des rencontres... On comprend rapidement que sa vie là-bas sera un personnage à part entière du récit.

Ce personnage un peu secret, différent, fantasmé pour certains, serait plutôt de ceux qu'on aimerait garder pour soi, pour en définir et savourer les contours comme bon nous semble. Seulement voilà, notre narrateur est mort et n'a donc plus de prise sur le vivant, et ce qui va se dire et se dérouler sans lui.

MAIS... il entend tout! Et il entendra tout jusqu'au 40ème jour après son décès, moment très important dans la religion musulmane.

Il entendra famille, amis, voisins s'épancher et déverser leur peine (réelle ou moins), se confier à lui - comme s'il était encore là - sur leurs propres démons.
Il les entendra aussi mieux comprendre qui il était, au fil des témoignages tissés les uns aux autres, et de certaines vérités qui étaient restées bien dissimulées.
Il entendra la façon dont cohabitent, mal parfois, les traditions d'un territoire laissé derrière soi et la modernité d'une vie qui ne nous appartient plus.

Il entendra et ne pourra pas expliquer, se défendre, rétablir, consoler.

Très beau roman réédité chez l'Aube, qui permet d'apprécier un style très littéraire qui se retrouve moins dans les plus récents ouvrages de Samira El Ayachi. Cette différence de ton et de posture concourrent au fait que l'on redécouvre véritablement l'autrice, pour notre plus grand bonheur.
Commenter  J’apprécie          20
Un jeune homme de trente-cinq ans est mort à Paris. Il est le narrateur de ce récit. Son corps et rapatrié au Maroc la terre de sa famille. Bien que né en France, c'est à Fès que son corps sera gardé en attendant l'arrivée de ses parents selon le rite musulman. Son corps est exposé pour la venue des voisins, des amis, de la famille. Il entend tout le bien, comme le mal, les mensonges comme les pleurs. Il sait comment se déroule les funérailles. Mais il a peur. Pas de la mort mais que son existence en France soit mise à nue. Et elle l'est.

Une attente qui va durer quarante jours, autant de journées où tout s'effondre, où la vérité prend un autre visage. . de Paris, trois femmes qui ne se connaissent pas arrivent affirment chacune être sa compagne. de son sont statut de mort pleuré, il devint un objet de honte. Impuissant, il raconte ses propres mensonges qu'il a brodé tout la comme vie qu'il disait mener. Mais l'arrivée surprise des compagnes n'est pas la dernière en révélation inattendue.

L'auteure alterne habilement les traditions marocaines et toute une famille qui va se confronter elle-même à ses propres secrets et la vie du narrateur. Deux styles où poésie et lyrisme contrastent avec une langue actuelle sans concession. Entre traditions et modernité, ce roman s'élève comme un chant où colère, honte et rédemption dominent. Et les désillusions de jeune homme nous sautent à la gorge comme le témoignage de ses rêves inaccomplis.

Même si ce roman n'est pas parfait, l'écriture de Samira El Ayachi est un chant à elle tout seule. Elle réussit ce pari d'intégrer la mort comme entité, les coutumes religieuses et de nous pendre la main par cette histoire dont la dimension fait réfléchir.
Une lecture qui sort des sentiers battus !
http://fibromaman.blogspot.fr/2013/06/samira-el-ayachi-quarante-jours-apres.html
Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
Commenter  J’apprécie          60
Un homme meurt dans une famille marocaine et le corps de cet homme va être rapatrié au pays pour y être enterré. Il va se passer quarante jours avant que la mise en terre ait lieu et pendant ces quarante jours, c'est tous les souvenirs familiaux qui vont ressurgir à travers la voix du mort lui-même, qui se mue en narrateur le temps du roman. Un narrateur pas comme les autres qui voit défiler les conséquences de sa mort sur ses proches et qui ne peut que relater les évènements sans pouvoir agir. Pour autant, il n'oublie pas le cynisme dont il est doté et n'hésite pas à en faire usage lorsqu'il raconte. Samira El Ayachi écrit un roman qui mélange avec subtilité l'humour noir et la chronique d'une famille qui vole en éclat. La mort de cet homme fait apparaitre les non-dits et occasionne des scènes marquantes. La plume de la romancière y est pour beaucoup, une écriture que j'avais déjà beaucoup appréciée avec "Le ventre des hommes" et "Les femmes sont occupées". "Quarante jours après ma mort" est un livre à part, à découvrir sans hésiter. Un roman qui touche le lecteur, à la fois dans la justesse de ses propos et dans la construction de ses personnages.

extrait : "Comme tout le monde, j'avais déjà songé au jour de ma mort. Je me figurais celle-ci comme un grand moment de théâtre, et, en même temps, un grand moment de vérité. Des embrassades. Des gestes de réconfort. Des fleurs. Des voitures noires. de la musique classique. Des chapeaux sombres. Des souliers cirés. Des pas feutrés. Des bougies parfumées. Des doigts qui caressent le marbre et le bois. Mais à l'heure des séries américaines (qui ne montrent plus des funérailles mais des cadavres soumis aux lois biologiques de la décomposition), je ne pensais plus qu'à une chose : mon corps. Mon regretté corps."
Lien : https://lesmafieuses.wordpre..
Commenter  J’apprécie          20
lu à sa sortie; j'ai oublié les détails mais il s'agit des 40 jours de deuil prescrit par la religion; le mort entend tout ce qui se dit de lui.
Commenter  J’apprécie          70
Mieux vaut tard que jamais! Je suis enfin allée chercher ce livre hier... et je viens de le terminer.
Une plume magnifique, j'ai été touchée comme je ne l'avais pas été depuis longtemps par une lecture... Au fil des pages, je suis passée par toutes les émotions, j'ai quitté ce récit à regrets, tard dans la soirée, parce qu'il était l'heure. Et aujourd'hui, à peine le travail quitté, je l'ai laissé m'emporter à nouveau.
Incroyable lecture, des mots et justes et une histoire prenante, je suis complètement soufflée.
Il est des lectures qu'on a envie de partager, de faire connaître... et celle-ci est une perle que je ne peux que conseiller à chacun de découvrir au plus vite
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (2) Ajouter une citation
J’ai déjà assisté à des funérailles musulmanes. Je sais que le pire moment va survenir en ce troisième jour après ma mort. Dans toutes les pièces de la maison, chambre ou salon, dans les escaliers pentus, sur la terrasse du dernier étage, les voisins, proches ou lointains, accourront dès le petit matin jusque tard dans la nuit afin de présenter leurs condoléances à la famille. Ils resteront pour déjeuner, goûter, dîner, dormir ici ou là à mes pieds en voie de décomposition. Au petit jour, on leur servira même un petit déjeuner. Le service interminable se répétera jusqu’à ce que le dernier visiteur s’en soit allé. Pendant ce temps-là, dans la cuisine, des femmes déposeront leurs fesses lourdes sur des planches installées à la va-vite à même le sol. Elles retireront leur ceinture pour être plus à l’aise dans leurs mouvements. Le buste penché au-dessus de bassines en plastique, elles éplucheront par kilos des oignons rouges. Par seaux entiers elles videront leurs larmes de mère en deuil sur le sol froid, et les bonnes racleront le carrelage...
Commenter  J’apprécie          70
Et je me demande " Qu'ont donc tous ces gens? " N' y a t-il pas endroit plus propice à déballer ses petite affaires que sur la table de mes funérailles ? Depuis ma mort, chacun se hâte de décharger sa conscience en me rapportant comment, toute sa vie durant , il ou elle manœuvré pour dissimuler une partie de son identité. Surtout, je comprenais que dans le moindre recoin de ce pays , toute chose est autorisée tant qu'elle demeure, clandestine, calfeutrée dans le psyché de l'individu. C'est le règne de la vie souterraine, au détriment de la vie révélée.
Commenter  J’apprécie          82

Videos de Samira El Ayachi (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Samira El Ayachi
Les Matinales présentées par Sandrine Sebbane. Thème : Les femmes avec Samira Al Ayachi, auteure de « Les femmes occupées », La bajon, humoriste, Louise Ebel, auteure de « Excessives ! », Fernanda Barth et Régis de Martrin-Donos, comédienne et auteur de la pièce « Des femmes ».
autres livres classés : roman philosophiqueVoir plus
Les plus populaires : Littérature française Voir plus


Lecteurs (31) Voir plus



Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
447 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..