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EAN : 9781090424068
éditions Lunatique (30/11/-1)
3/5   3 notes
Résumé :
Paris, 1991. La voix de Serge Gainsbourg vient de s'éteindre à jamais tandis que celle de Nirvana se répand sur les ondes, la chute du mur de Berlin fête tout juste ses deux ans, et trois jeunes errent dans les quartiers du nord-est de la capitale. Révolté autant qu'effacé, Ben vivote de squat en squat, en marge de la société. Après la chute du Mur, Sara, jeune Allemande volontaire, plaque tout pour faire sa vie à Paris. Jane, quant à elle, remet en question sa vie ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
On débute avec le personnage de Mimi. (et on terminera avec elle aussi. La boucle sera bouclée pour ce roman dont pourtant une suite est en préparation)
Elle se détache des autres par l'écriture qui la décrit elle et ce qu'elle vit : c'est écrit à la première personne du singulier (je), mais aussi par la typographie : tout est en italique, comme pour une confession faite à un journal intime ou une lettre…
Ambiance feutrée...

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce livre. Des éléments disparates m'avaient attiré, mais est-ce que l'ensemble allait me plaire ?
Comme presque toujours, j'essaie d'en savoir le moins possible sur le livre avant de le lire. Je souhaite conserver une certaine neutralité et puis à quoi bon lire un livre dont vous savez déjà presque tout ?
C'est donc avec fraîcheur que j'ai vu l'entrée en scène des autres personnages principaux dont chacun voit son histoire narrée dans des chapitres distincts, mais qui au fil des jours, des semaines et des mois voit cette dernière se croiser à celle des autres. Oui, même dans une aussi grande ville que Paris, cela est tout à fait possible car notre capitale n'est en réalité (pour moi) qu'une grande juxtaposition de petits villages avec ses ambiances toutes différentes, mais qui forment un vaste tout.

Au fil des pages, on apprendre à découvrir celles et ceux qui vont partager avec nous le temps qui passe : Ben, Sara, Jane, Sandy, Bonaventure, Baba, Pépé et les autres… Ils vont devenir amis et pour certains ce sera la toute première fois qu'ils tisseront de tels liens.
On ne va pas tous les aimer, du moins avec certains, on pourra conserver une réserve. Ce n'est pas de l'antipathie, c'est juste que l'on a peut-être du mal à les cerner malgré la belle écriture de Julia Germillon. Cette dernière nous donne une foule de détails sur eux, mais non, on reste de temps en temps en retrait. Après, ce sentiment vient peut-être juste de moi et chaque lecteur pourra avoir sa propre réaction.
Ce sont des jeunes pour l'essentiel, du moins pour les deux jeunes filles, après on a plus de mal à leur donne un âge sauf pour Pépé.
Ils apprennent, se forgent des armes, se testent, doutent, expérimentent, connaissent des moments de grande joie ou au contraire, ils vivent !

Je me suis donc replonger un peu dans mes souvenirs de ces années 90 et plus particulièrement donc dans celle de 1991. J'étais un peu plus jeune qu'eux, mais avec des attentes assez similaires. J'y ai mêlé ce que j'ai appris depuis et cette "maturité" m'a aidé à mieux comprendre et cerner les protagonistes. J'ai sans doute aussi plus apprécier que ce récit nous soit livré découpé en tranches. J'espère découvrir la suite même si l'on peut également s'arrêter là.

Un ouvrage à découvrir sur fond musical (La BO nous est indiquée dans les ultimes pages).
Lien : http://espace-temps-libre.bl..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Pépé se hâta de retourner dans sa cuisine. Il débrancha la bouilloire qui sifflait et versa l’eau frémissante dans une théière en fonte noire qu’il avait « rapportée du Japon ». Il y jeta deux poignées de feuilles vert foncé. Jane le suivit dans le salon avec des tasses et un paquet de galettes bretonnes. Pépé n’arrêtait pas de parler tout en mâchant bruyamment.
« Hier soir, j’ai regardé un reportage sur les loutres. Tu sais que ce sont des animaux très amoureux ?
——Pépé… il faut que je te demande quelque chose… En fait… je…
——Il paraît que les hippopotames choisissent un partenaire pour la vie. Tu y crois, toi ?
——Pépé… je…
——J’ai du mal à y croire, quand même. Tu reprends du thé ?
——Oui… Merci. »
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Ben était parti en titubant récupérer son vélo. Son quartier, station Pyrénées, n’était heureusement pas loin et, grâce à l’alcool, il ne redoutait même plus le froid. Cependant, il avait du mal à manoeuvrer son vélo, manquant plusieurs fois de perdre l’équilibre. Trop de pensées faisaient la pirouette aux quatre coins de son esprit. Il se sentait lourd, comme submergé par quelque chose d’indéfinissable. Il réfléchissait à tous ces êtres perdus qui traînaient derrière eux leur corps comme un poids dont ils n’arrivaient pas à se défaire. Des masses de chair humaine, errant dans les rues. Des somnambules qui transformaient ce monde en un lieu hostile et pathétique. Les rues de Paris en étaient infestées. Ben ne parvenait pas à savoir s’il en faisait partie ou pas.
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Et cette nuit, comme toutes les autres, assis sur son matelas, dans l’obscurité, Ben observa le décor qui l’entourait. Mais cette fois, le lourd silence qui pesait entre les murs, les ombres floues qui habitaient la chambre, les bruits de klaxons et de sirènes qui retentissaient au loin, lui paraissaient tellement irréels et insignifiants qu’il en eut la nausée. La vue de ce squat, même dans la pénombre, lui répugnait. Plus encore qu’à l’ordinaire, Ben ressentit en cet instant l’envie de vivre se défiler. De même qu’il lui arrivait parfois de s’imaginer terne, mort parmi les vivants bienheureux.
Que diable fichait-il encore ici ?
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Baba posa sur Jane un regard plein de candeur, puis revint aux clichés qui décoraient les murs d’habitude si insignifiants de la station Blanche.
« Vous devez vous dire que c’est idiot d’exposer ici ?
——Vous pensez que c’est stupide de jouer sur les quais ? »
Ils échangèrent un sourire entendu. Un vent chaud s’échappait des bouches d’aération. Un sifflement retentit au loin, une rame approchait à vive allure pour brusquement freiner derrière Jane et Baba. Les portes s’ouvrirent, personne ne descendit. L’alarme résonna. Le métro redémarra.
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Elle se réveilla en sursaut. Pantelante, elle alluma la petite lampe de chevet. Se leva. Il faisait froid dans la chambre. Elle s’approcha de la fenêtre. La nuit était noire et glaciale. Sara éclata en sanglots. Elle enfila un pull par-dessus sa chemise de nuit et glissa ses pieds nus dans ses bottes. Dehors, le vent s’était levé. Sara ne pouvait plus retenir ses larmes. Comme son père. Comme dans son cauchemar. Elle articula avec peine lorsqu’elle appela Jérôme de la cabine à quelques mètres de l’hôtel.
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