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Citations sur La quête onirique de Vellitt Boe (15)

Le hameau où elle fit étape n’avait pas de nom officiel ; des siècles plus tôt, ses habitants avaient estimé que l’anonymat rendrait la tâche plus difficile aux Anciens tentés de les retrouver – sans parler des inspecteurs des impôts. Bien entendu, nul n’avait prévu que tout le monde finirait par surnommer l’endroit le Village Sans Nom, le baptisant par la même occasion.

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Par égard pour son statut de seule femme à bord, le nautonier lui attribua une cabine à contrecoeur. Nantie d’une couchette minuscule, située juste derrière la cuisine, elle sentait l’oignon et l’ail : le cuistot venait d’Asagehon.

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Pourtant plus gros, les ghasts et les gugs l’épouvantaient beaucoup moins. Ces êtres monstrueux avaient l’avantage de ne présenter aucun caractère humain, et on ne voyait nul trace d’intelligence dans leurs yeux effrayants. Quand on observait les goules, du point de vue de leur morphologie comme de leur comportement, rien n’était plus simple que d’envisager la possibilité de sa propre dégénérescence ; comme si la seule chose qui les séparait des humains, en définitive, se résumait aux articulations grotesques de leurs jambes. Parfois, Vellitt palpait sa mâchoire pour s’assurer que celle-ci ne s’était pas allongée, qu’elle n’avait toujours rien de canin.
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Vellitt Boe rêvait d’une grande route et de dix millions d’oiseaux volant dans un ciel d’un triste bleu uniforme. La route : large et noir telle une fosse à bitume. Les oiseaux : une vraie nuée, brume agitée qui évoquait les moucherons grouillant au-dessus des lugubres marécages de Lomar ou les bancs de poissons scintillants des mers de cristal par-delà Oriab. Le ciel : vide, sans texture, plat. Assise à côté d’elle, une grande bête grognait, mais les oiseaux faisaient plus de vacarme. L’un d’eux sifflotait d’une voix mélodieuse : « Professeur Boe ? Professeur Boe ! »
Elle revint à la réalité par petites étapes successives : son éternelle douleur dorsale, puis, contre son visage, la douceur de draps si usés à force de passages par la blanchisserie du collège qu’ils avaient pris la douceur de la soie. Le froid. Le clair de lune que la fenêtre à deux battants carrelait sur le grand sol nu de sa chambre plongée dans la pénombre. Les coups pressants assénés sur sa porte et la puissante voix de soprano de l’une de ses étudiants, terrifiée : « Professeur ! Vous êtes là ? S’il vous plaît, réveillez-vous ! »

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Survivre. Rien de tel pour se sentir vivant.
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– Toutes ces étoiles… » Elle avait soupiré, pensive. « Est-ce qu’elles possèdent des dieux? Qui passent leur temps à s’annihiler, comme les nôtres?
– Ce n’est pas pareil, dans le monde réel. » Il parlait de la Terre, bien sûr.
Elle avait tenté de visualiser la chose. « Si le ciel est infini, pourquoi venir ici? Vous avez des milliards d’étoiles rien que pour vous !
– Notre monde n’a aucun élan, aucune ampleur, avait-t-il répondu. Pas la moindre poésie ténébreuse. Les astres sont hors de notre portée. Même la lune est à des centaines de milliers de kilomètres ! Ces étoiles n’ont aucun sens.
– Doivent-elles en avoir un? » avait-elle alors murmuré.
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Les femmes cesseraient-elles un jour de n'être que des notes de bas de page dans les histoires des hommes?
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Elle n'avait pas vu Carter depuis trente ans, et c'était elle qui l'avait quitté. Elle n'avait aucune envie qu'il la retrouve débraillée ou imagine un quelconque regret quant à la vie qu'elle menait depuis leur séparation, cette vie dont l'aboutissement s'incarnait dans son statut de professeur, membre à part entière d'une grande et vénérable Université.
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Elle se palpa le crâne, tira l’une de ses mèches torsadées devant ses yeux et constata que ses cheveux demeuraient noirs et parcourus de fils d’argent. Ce monde n’admettait pas les gugs, mais acceptait les femmes âgées sans problème, apparemment. Elle sentit se loger en elle ce qu’il attendait des femmes de son âge : c’était à peine mieux que dans les contrées du rêve.
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Elle n’avait jamais vu de rêveuses. Pas la moindre. Un jour, elle avait demandé pourquoi à Randolph Carter.
« Les femmes ne rêvent pas en grand », avait-il répondu, dédaigneux. « Elles rêvent de bébés, de tâches ménagères… De tous petits songes. »
Les hommes des contrées du rêve disaient sans cesse de telles idioties ; ceux du monde de l’éveil aussi, visiblement.
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