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Citations de Martha Craven Nussbaum (23)


Distraits par la poursuite de l'enrichissement, nous demandons de plus en plus à nos écoles de produire des individus créateurs de profit plutôt que des citoyens réfléchis. Sous la pression de la réduction des coûts, nous délaissons précisément ces aspects de l'effort éducatif qui sont essentiels au maintien d'une démocratie saine. (p.177).
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Le rôle des arts à l'école est double. Ils cultivent les capacités de jeu et d'empathie de manière générale et ils traitent des points aveugles culturels spécifiques. (p.137).
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Il est important que les enfants n'aspirent pas au contrôle ou à l'invulnérabilité, en définissant des projets ou des possibilités qui s'élèvent au-dessus du sort commun de la vie humaine, mais apprennent au contraire à apprécier pleinement la manière dont la faiblesse humaine commune est expérimentée dans un large ensemble de circonstances sociales et comprennent comment différents arrangements sociaux et politiques affectent les vulnérabilités que partagent tous les êtres humains. (p.54).
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L'innovation ne se fait pas sans esprits souples ouverts et créatifs, la littérature et les arts développent de telles capacités. (p.141).
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Les écoles qui omettent les arts délaissent des opportunités importantes pour la compréhension démocratique. (p.136).
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La connaissance ne garantit pas un bon comportement, mais "ignorance est un quasi-synonyme de "mauvais comportement". (p.103).
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Une économie forte est un moyen au service des fins humaines, non une fin en soi. (p.20).
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La pensée critique et l'imagination sympathique ne sont pas testables par QCM, pas plus que les talents impliqués dans la citoyenneté du monde , difficilement mesurables de cette manière. (p.168).
QCM: Questions à Choix Multiples.
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Débattre de manière socratique suppose de comprendre les autres positions de l'intérieur et cette compréhension est souvent à la source de nouvelles incitations à remettre en question la tradition de manière socratique. (p.94).
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Cette capacité d'argumenter |par soi-même, au lieu de s'en remettre à l'autorité et à la tradition] sur le mode socratique semble, comme le disait Socrate lui-même, indispensable à la démocratie. (p.64).
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Produire de la croissance économique ne revient pas à produire de la démocratie. (p.26).
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C'est à dire qu'il nous faut exercer notre esprit critique, en dialogue avec d'autres lecteurs, à la fois lorsque nous choisissons les oeuvres et tout au long de notre lecture.
Wayne-Booth a justement décrit ce processus comme une "co-duction" car il s'agit par nature d'une forme non déductive et comparative de raisonnement pratique, mené en coopération avec d'autres.
Dans le processus de co-duction, nos intuitions sur une oeuvre littérature seront affinés par les critiques de la théorie morale et des conseils amicaux. Cela peut considérablement modifier l'expérience que nous sommes capables d'avoir en tant que lecteurs si, par exemple nous sommes convaincus que les invitations du roman à la colère, au dégoût, à l'amour, sont fondées sur une vision du monde que nous ne pouvons plus partager.
Ma conception ne suppose donc pas une confiance naïve et acritique dans les oeuvres littéraires. Les conclusions que nous sommes capables de tirer sur le fondement de notre expérience littéraire ont besoin de l'examen critique constant de la pensée morale et politique, et des jugements des autres.
J'ai cependant, affirmé avec Smith que les structures formelles implicites dans l'expérience de la lecture littéraire nous offrent une forme de guide qui est indispensable pour tout examen ultérieur, y compris à un examen critique à propos de l'oeuvre littéraire elle même.
Si nous ne commençons pas par la "fantaisie" et l'émerveillement devant les formes humaines qui sont sous nos yeux, avec la sympathie pour leurs souffrances et la joie devant leur bien être, si nous n'apprécions par l'importance de voir chaque personne comme un être séparé qui a une vie singulière à mener, alors notre critique des émotions pernicieuses aura peu de fondement. La lecture, comme je l'ai montré, nous offre ce fondement, et elle nous présente aussi l'attitude du spectateur impartial, essentielle pour la critique.
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Avec cette mention du jeu, nous en arrivons à un autre élément qui constitue la fantaisie, et que nous devons examiner pour compléter notre description de son rôle social. Lorsqu'un enfant apprend à exercer sa fantaisie, il apprend là quelque chose d'inutile. Voilà l'objection de l'école de Gradgrind : les livres d'histoires sont "futiles". Nous avons besoin de faits, "la seule chose nécessaire", mais à quoi peut bien servir un homme dans a lune? L'enfant qui se délecte des histoires et des comptines apprend que tout dans la vie humaine n'est pas utile. Il apprend une manière de se rapporter au monde qui ne s'attache pas exclusivement à l'idée d'utilité, mais est capable de chérir les choses pour elles mêmes. En cela l'enfant l'applique à ses relations avec les autres êtres humains. Ce n'est pas seulement la capacité à doter une forme de vie qui rend l'imagination métaphorique intéressante moralement, c'est la capacité à voir ce que l'on a construit en imagination comme n'ayant pas d'autre fin que soi même, comme bon et agréable en soi. Le jeu, l'amusement, ainsi, ne sont pas simplement des ajouts ou des suppléments à la vie humaine, mais ils exemplifient d'une manière cruciale la manière de concevoir certains éléments centraux de la vie. En ce sens, le plaisir que le lecteur prend au roman revêt une autre dimension morale. Il prépare toutes les activités morales de toutes sortes dans la vie.
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Cultiver la compassion ne suffit pas à dépasser les forces d'esclavage et de subordination, puisque la compassion elle-même peut devenir l'alliée du dégoût et de la honte et renforcer la solidarité entre les élites, les éloignant encore des subordonnés. (p.53).
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C'est là le problème majeur du paradigme de développement fondé sur le PNB Il néglige la répartition et bénéficie à des pays ou des états où les inégalités sont alarmantes. (p.31).
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Une sympathie articulée aux preuves, respectant les contraintes institutionnelles convenables, et excluant toute référence à sa propre situation, est non seulement acceptable mais bel et bien essentielle pour le jugement public. C'est précisément ce type d'émotion, l'émotion du spectateur impartial, que les oeuvres littéraires construisent pour leurs lecteurs. Ils apprennent ainsi, ce que c'est d'avoir des émotions non pas pour une "masse indifférenciée et sans visage", mais pour "des êtres humains singuliers". Cela signifie, à mon avis que les oeuvres littéraires sont ce que Smith y voyait : des constructions artificielles de certains éléments essentiels d'une norme de rationalité publique et des guides précieux pour trouver les réactions correctes.
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Toutes les émotions ne sont pas de bons guides. Pour être un bon guide, une émotion doit, tout d'abord, être nourrie par une conception juste de l'évènement. Les faits en cause, leur signification pour les acteurs, mais aussi tout ce qui pourrait échapper à la conscience des acteurs ou qu'ils percevraient de manière déformée.
Ensuite l'émotion doit être celle d'un spectateur et pas d'un participant. Cela signifie que nous devons non seulement évacuer réflexivement la situation pour voir si les participants l'ont correctement comprise et ont réagi raisonnablement, nous devons également omettre cette partie de l'émotion qui dérive de notre intérêt personnel pour notre propre bien être. La fiction du spectateur impartial vise avant tout à écarter cette portion de la colère, de la peur, etc. qui se concentre sur le moi. Si mon ami souffre d'injustice, je me mets en colère pour lui; mais d'après Smith, cette colère n'a pas l'intensité vindicative particulière des colères que je ressens à propos de torts qui me sont causés à moi même. De même, si mon ami pleure la perte d'un être cher, je partage son chagrin, mais non, apparemment, son excès aveugle et paralysant. Pour Smith, cette distinction nous aide à concevoir comment nous devrions nous comporter en citoyens : passionnés par le bien être des autres, mais sans nous insérer nous même dans le tableau que nous contemplons avec intérêt.
Il faut maintenant observer que tout au long de cette discussion, Smith utilise la lecture littéraire (et les spectacles théâtraux) pour illustrer l'attitude, et les émotions du spectateur impartial. Smith attache une importance considérable à la littérature comme source d'orientation morale. Son importance vient du fait que la lecture est, de fait, une construction artificielle du spectateur impartial, qui nous conduit de manière agréable à adopter l'attitude qui convient à un bon citoyen et à un juge.
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La bonne littérature est dérangeante d'une manière qui caractérise rarement les écrits d'histoire et de science sociale. Parce qu'elle provoque des émotions puissantes, elle déconcerte et questionne. Elle inspire de la méfiance face aux piétés conventionnelles et provoque une confrontation souvent pénible avec nos propres pensées et intentions. On peut entendre beaucoup de choses sur les personnes de sa propre société et tenir ce savoir à distance. Les oeuvres littéraires qui invitent à s'identifier et à réagir émotionnellement pénètrent ces stratagèmes autoprotecteurs : elles nous demandent d'observer et de réagir à de nombreuses choses qui peuvent être difficiles à affronter, et elles rendent ce processus agréable en nous donnant du plaisir dans l'acte même de la confrontation.
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Le roman est concret dans une mesure inégalée par les autres genres narratifs. On pourrait dire qu'il prend pour objet l'interaction entre les aspirations humaines générales et des formes particulières de vie sociale qui favorisent ou empêchent ces aspirations, les modelant considérablement au cours du processus. Les romans nous présentent des formes persistantes de besoin et de désir humains, réalisées dans des situations sociales particulières. Le plus souvent, ces situations diffèrent largement de celles du lecteur. Les romans, conscients de cela, construisent en général un lecteur implicite, à qui ils s'adressent, qui partage avec les personnages certaines espérances, peurs et préoccupations humaines générales, et qui, pour cette raison, est capable de tisser des liens d'identification et de sympathie avec eux, mais qui est aussi situé ailleurs et doit être informé de la situation concrète des personnages.
De cette manière, la structure même de l'interaction entre le texte et le lecteur imaginé invite le lecteur à voir comment les circonstances influencent la réalisation de ces espoirs et désirs partagés et, de fait, leur structure même.
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Ce roman nous raconte une histoire. Ce faisant, il implique ses lecteurs avec les personnages : il les pousse à s'intéresser à leurs projets, à leurs espoirs et à leurs craintes, à participer à leurs efforts pour dissiper les mystères et les perplexités de leur vie.
La participation du lecteur est explicite à de nombreux endroits dans le récit. Les lecteurs comprennent que cette histoire est en un certain sens la leur : elle montre des possibilités pour la vie et le choix humain qui sont à certains égards les leurs, même si les circonstances concrètes sont peut être différentes. Ainsi on invite leurs efforts d'interprétation et d'évaluation à être à la fois affectueux et critique. Le texte indique qu'il en va de leur responsabilité que le monde soit ou non semblable au monde du roman, ce sont des gens qui, dans leur vie, doivent adopter une certaine relation émotionnelle et pratique aux problèmes des classes laborieuses et à la conduite des managers et des leaders. En imaginant des choses qui n'existent pas vraiment, le roman, ainsi qu'il le dit lui même n'est pas "futile" : il aide ses lecteurs à reconnaître leur propre monde et à faire des choix plus réfléchis.
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