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Critiques de Ismaïl Kadaré (257)
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Avril brisé

Pour ma part, j'ai été relativement déçue de cet ouvrage. Je m'attendais à un conte époustouflant sur le kanun. On retrouve le kanun, oui, mais expliqué d'une manière artificielle à travers quelques personnages peu consistants qui ne semblent avoir que ce rôle dans l'oeuvre et rien d'autre. J'ai trouvé, malheureusement, les ficelles empruntées au roman gothique un peu grosses et surtout les passages assez longs, pour ne pas dire parfois un peu ennuyeux. Certes, la marche inéluctable de l'héroïne à travers ce monde des morts est parfois emprunte de fulgurance, mais l'absence de consistance des personnages en général ne permet pas l'identification avec eux ni d'aller plus loin. Je suis restée sur ma faim.
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Avril brisé

Lu en Albanie, livre sur la pratique du Kanun en Albanie. Passionnant quand on est sur place.
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Avril brisé

Beau récit initiatique...
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Avril brisé

Gjorg se promène. Il a le temps. le temps de la reprise du sang. Il a de la chance : le foulard noir noué au bras, tout le monde l'observe. Tout le monde sait de quoi il s'agit. Où qu'il aille, le silence s'installe, s'étale, les langues se durcissent.

Gjorg a le temps. Il laisse son regard vaquer au firmament. Il sait qu'il doit mourir. Lui-même ne sait plus trop comment a commencé cette histoire. Elle date de plusieurs décennies, c'est certain. Un voyageur qui se serait abrité chez ses ancêtres. Or, l'hôte est roi. Dans ces régions d'Albanie, il y a l'hôte, puis Dieu, puis les habitants de la maison. L'hôte s'est fait tuer. C'est à l'habitant de le venger. Des décennies plus tard, c'est à Gjorg de laver l'affront d'avoir eu à enterrer son frère. C'est parti d'un malentendu. Or, tout est d'une logique implacable. le Kanun (jus canonicum des montagnes du Nord de l'Albanie) le précise.

Ça se passe au XXe siècle, on ne sait pas exactement quand. Avant les Italiens, avant Enver Hoxha.



Il est brumeux, Gjorg, l'ombre s'acharne autour de lui. L'infâme logique le poursuit surement, mais il reste impassible. Un couple arrive. le voit. La femme demande à son mari. Il trouve ça sublime. Elle ne comprend pas. La mort qui rode, c'est splendide.

Que ce soit l'invisible Skanderberg qui attaque l'armée Turque à la nuit tombée dans Les Tambours de la pluie, ou les vengeances chez Shakespeare, on est dans le dos crawlé, lent, lourd.

On est dans Hamlet. En dehors de ce je-ne-sais-quoi (en français dans le texte) de pourri au royaume du Danemark, de la brume, du poison qui, insidieusement, contamine le royaume, tout le monde est responsable et tout le monde doit payer (ça pourrait être du Alceste, tenez. On rit moins).



Un mois. C'est ce qu'il reste à Gjorg. Une vie à comprendre, c'est ce qui reste à la mariée. Tout est d'une logique implacable, c'est écrit. On vit ainsi, on meurt comme ça. Bientôt, ces terres se dépeupleront. Il ne restera que des femmes. L'arme de Gjorg, à quoi sert-elle ? C'est injuste, ne pas se laisser tuer. Ce n'est pas tant qu'il le mérite, c'est que c'est écrit.



Ce qui est écrit justement. Ce qui est dit, ou plutôt ce qui est dit sans être montré : on navigue dans l'ombre de Gjorg, dans l'ombre des murailles, des villages escarpés, des flancs de montagne, des tours de claustration, où l'on espère que Gjorg y aura un répit supplémentaire, le répit du lâche, dans le noir. Chez les rebuts de la société, qui refusent de se laisser tuer, seuls les prêtres ont le droit de pénétrer.



Une femme, un condamné, un homme qui étudie (comme un entomologiste, il laisserait faire la nature, n'en déplaise à son épouse), et la mort, anonyme ou presque ; peut-être plusieurs frères en embuscade, peut-être personne. Mais elle est lourde, la mort, pesante. Elle tricote sa toile autour de Gjorg. Lui, il a le temps. Il s'y habitue. Avec son arme.

C'était écrit. Depuis plus de six décennies, c'était son destin. Il aura du sang sur les mains, dans le coeur, et il ne connaitra peut-être pas les beaux jours de fin Avril.



PS : Kadaré est un prodige. Avril Brisé est peut-être son magnum opus, même s'il a cette méchante manie d'enchainer les chefs-d'oeuvre.
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Avril brisé

J'avais peu apprécié ce roman étudié au lycée, et encore moins l'adaptation cinématographique tirée de cette oeuvre.

C'est l' histoire tragique deux destins brisés (celui d'un montagnard et d'un écrivain) sous le joug de la Kanun, équivalant de la vendetta corse mais dans l'Albanie du XXème siècle, où le l'honneur ne se lave qu'au prix du sang versé... Le style lent et épuré de l'auteur ne m'avait pas séduite.



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Avril brisé

Le destin terrifiant d'un homme dans une culture où l'honneur et vengeance sont au centre des systèmes de valeurs.
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Avril brisé

Ismaïl Kadaré est un écrivain engagé, il lutte contre le totalitarisme. Ses récits sont considérés dans son pays comme subversifs envers le régime.

Il est obligé de quitter l'Albanie et obtient l'asile politique en France en 1990. Ses livres ne sont pas publiés en Albanie.



L'histoire d'Avril brisé est une histoire lente, mais intense.

En la lisant, je ressentais comme un "malaise", une oppression.

On a peine à imaginer que ces coutumes ont encore lieu dans les hauts plateaux d'Albanie.
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Avril brisé

Un beau roman qui mêle passé et présent à travers la confrontation de deux histoires : celle d'un jeune couple en voyage de noces(lui est écrivain), venu étudier ce rite ancestral et sanglant du kanun ou vendetta d'honneur et celle d'un jeune montagnard qui vient venger son frère et auquel il ne reste plus, selon la terrible loi, que 30 jours à vivre. Une écriture sobre pour exprimer la douleur, l'incompréhension et la résignation......
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Avril brisé

C'est une histoire dure que nous raconte Ismail Kadaré dans 'Avril brisé'.

Tout se passe au début du siècle dans le nord de l'Albanie où 'le Kanun de Lek Dukagjini', permet aux habitants de ces régions reculées de venger la mort de quelqu'un.

L'un d'eux nous est présenté lorsque son chemin croise celui d'un jeune couple citadin qui se trouve là-bas, en voyage de noces.

On suit le couple qui s'installe et découvre une région qui réserve des surprises, mais aussi le jeune Gjorg qui a une mission à accomplir. On pense bien que leurs chemins vont se croiser encore, mais on n'imagine pas dans quelles circonstances.

L'auteur prend le temps pour mettre les choses en place. Il nous laisse surveiller, découvrir... Et peu à peu le rythme s'accélère pour nous amener jusqu'au bout.

Un livre marquant.
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Avril brisé

Sur les hauts plateaux albanais où subsiste la loi du Kanun, si l'hôte de passage, quasi un dieu, succombe à une vendetta, celui qui l'héberge se doit d'en laver le sang, se mettant à dos l'autre famille. Quarante quatre morts plus tard on retrouve Gjorg, en embuscade pour laver la mort de son frère, un crime qui le fera gibier à son tour après une trève de trente jours pendant laquelle il est tenu d'assister à l'enterrement, de partager avec l'autre famille le repas funéraires et d'aller payer l'impôt du sang chez le prince!



C'est sur la route de la citadelle d'Orosh qu'il croisera le regard de Diane, emmenée en lune de miel par Bessian, journaliste fasciné par ces lois barbares inspirées de la mythologie grecque.



J'en ressors hébété par ces 'gamineries', cette vie absurde et pourtant, comme le soulignent Gjorg et Bessian, combien moins terne que celle des gens de la vallée.

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Avril brisé

Ismaïl Kadaré nous emmène avec ce livre dans un monde hors du temps, sur les haut plateaux d'Albanie. On découvre les paysages du Rrafsh, séparés du monde et avec leur propre culture comme toutes ces régions de haute montagne. L'histoire nous plonge dans des querelles datant de plusieurs générations et des revanches sanguinaires codifiées par le Kanun, qui fait loi sur le plateau.

Le personnage principal, Gjorg est attachant. Il se débat contre la tradition qui fait de lui à la fois un meurtrier et un condamné, sans lui laisser aucune chance de vivre passé le 17 avril, cet avril brisé. Diana et Bessian Vorpsis quant à eux voyagent sur le plateau pour leur lune de miel, qui n'est en fait qu'une excuse pour Bessian d'aller voir le Rrafsh à propos duquel il a écrit mais qu'il n'a jamais vu. Une rencontre d'un instant, sans même un seul mot échangé, entraîne le couple dans la tragédie.

J'ai adoré cette plongée dans une culture d'un autre temps menacée par la modernité. Les descriptions m'ont donné une furieuse envie de voyager et d'aller voir les paysages par moi-même. Comme Bessian le dit, on est dans une tragédie de Shakespeare et le fantôme de Hamlet, plus torturé encore, semble hanter le plateau du Rrafsh.
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Avril brisé

je n'hésite pas à le dire "Avril brisé" est probablement LE livre qui aura marqué ma vie de lectrice. Cette terrible histoire de tradition sous l'insoutenable loi du kanun qui a toujours cours dans le nord de l'Albanie tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page...et même après.
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Avril brisé

L'histoire se déroule dans les montagnes albanaises où sévit la loi du Kanun autrement dit la vendetta. Nous suivons le personnage de Gjorg qui, contraint de venger son frère aîné, tue un homme de la famille ennemie. Il entre alors dans la trêve de 30 jours où il doit effectuer un voyage pour aller payer l'impôt du sang. Il subit la fatalité de son destin et réalise que sa vie s'arrêtera courant avril, date à laquelle les proches du morts reprendront sa vie. En parallèle nous suivons le voyage de noce qu'un couple de la ville effectue dans la région. L'homme est un écrivain qui est fasciné par les coutumes de ces montagnards, sa femme quant à elle devient de plus en plus léthargique au contact de cet environnement morbide, surtout lorsqu'au cours du périple elle croise le regard du jeune condamné Gjorg.

Ismail Kadaré réussi un très beau roman où il rend compte de cette tradition de vendetta qui a perduré pendant des siècles et a décimé des milliers de familles de façon totalement absurde. L'ambiance de la première partie du roman m'a fait penser à celle du désert des tartares de Buzatti avec la description d'une lande à la fois belle mais désolée et de son climat inquiétant et étrange. Les personnages et l'analyse psychologique de ceux-ci est également réussie.
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Avril brisé

Je ne m'y attendais pas mais j'ai été absolument séduite par ce roman très particulier. Son point fort: un décors planté et une ambiance froide , fantomatique limite terrifiante. Ne cherchez pas l'action, ce livre est une fresque qui vous aspire dans un univers cruel . Malgré cet aspect glacial, il raconte une histoire très humaine et explore les sentiments d'une manière inédite. Il m'a fait me poser pas mal de question dont une que je me pose assez souvent au final: que ferais-je s'il ne me restait plus qu'un mois à vivre?

Bouquin extrêmement intéressant donc. A lire absolument!!
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Avril brisé

Avril brisé c'est le mois du printemps séparé en deux par la fatale loi du Kanun, loi immémoriale qui régit tous les aspect de la vie des montagnards du Rrasfh au début du siècle dernier, époque où se déroule l'histoire qui nous intéresse ici. Selon la loi implacable du Coutumier, Gjorg, l'albanais des montagne, jouit encore dans la première moitié de ce mois, de la protection de la sacro-sainte Bessa, foi, parole, ou protection jurée, selon laquelle celui qui a versé le sang est à l'abri des représailles de la famille de la victime. Mais après la date qui marquera la fin de la grande trêve d'un mois, il devra vivre comme un fugitif, abandonner les grands chemins, se déplacer nuitamment ou aller s'enfermer sine die dans une sombre tour claustrale où l'asile lui sera donné.





Le roman illustre une réalité, celle de la vendetta vécut pas trois entités bien différentes. Gjorg à vengé le sang de son frère, dont la chemise ensanglantée, sinistre bannière, flottait au deuxième étage de sa kulla, appelant vengeance. Bessian et son épouse, sont de grands bourgeois, venus passer leur voyage de noces sur le grand plateau du nord, afin d'étudier, de leur regard, moitié détaché, moitié curieux, d'esthètes et d'intellectuels, les lieux où se perpétuent encore cette fascinante loi du talion, nimbée d'une aura homérique légendaire. Enfin Mark Ukacierre est ce que l'usage à baptisé du nom terrible de l'intendant du sang, il est celui qui perçoit, dans la kulla d'Orosh, le fatal impôt du sang, que chaque vengeur se doit d'acquitter. Ainsi pour lui la vendetta, prend l'aspect d'une activité qui se mesure en terme de pertes et de profits, et il doit rendre des comptes si l'année à été mauvaise en terme de sang versé. Ce Kanun, cette conception de l'honneur est bien le fruit d'une perception des rapports humains propre au moyen âge. Le sang versé appelle vengeance, et il est un devoir de laver l'affront, qui s'il n'est pas réparé, rejaillit sur la famille, sur un village entier, voire parfois, sur une communauté de bourgades. La parole donnée est inviolable et l'hospitalité est une valeur cardinale, l'hôte est protégé et respecté, tel un monarque ou un demi dieux. Ismail Kadaré, dans un style sobre, transmet la réalité de ce Kanun, sans juger, en conteur de talent, presque comme un ethnologue.





Avril brisé est un livre pour le lecteur blasé des lectures insipides, soporifiques et répétitives. Dépaysement, ouverture sur des coutumes et des valeurs, qui nous sont étrangères sont au rendez-vous. Une belle découverte qui appelle à poursuivre la lecture des œuvres de l'écrivain albanais.
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Chronique de la ville de pierre

La Ville de pierre c'est Gjirokastër que nous venons de visiter.



Chronique de la ville de pierre n'est pas seulement le guide littéraire que chaque touriste éclairé devrait emporter en Albanie, c'est un vrai coup de cœur littéraire.



C'est le regard poétique d'un enfant très imaginatif. Qui d'autre aurait pu se soucier des gouttes de pluie prisonnières de la citerne? ou des chemins mouvant dans les hauts quartiers escarpés de la maison de son grand-père? Cette maison est l'objet d'un autre livre de Kadaré : Un climat de folie - mêmes personnages, même lieux et pourtant une oeuvre tellement différente !



C'est aussi l'évocation d'une période très troublée, 1939, Gjirokastër est occupée par les Italiens, vaincus un temps par les Grecs, puis à nouveau les Italiens qui la quittent laissant la ville aux partisans et à l'anarchie. Pas longtemps puisque les nazis arrivent. Pas de jugement définitif, l'enfant entend ses grands-mères et ses voisines, répète leurs propos. L'enfant voit construire par les Italiens un aérodrome, éprouve de l'affection pour un avion, un bombardier alors que toutes les nuits la ville est la cible des bombardements.



C'est aussi l'éveil d'une conscience politique, l'enfant ne sait que penser, sa jeune tante a rejoint les partisans, aucun jugement, si ce n'est la peur des vieilles femmes de la cohabitation jeunes filles/jeunes hommes. Discrète évocation d'Enver Hoxha, qui est un voisin, aucune idéalisation des partisans cependant.

Evocation de la vie quotidienne et de traditions cachées, la sorcellerie était encore bien vivante en 1939, l'occupant italien en tire profit.....

Un livre que je vais garder pour le relire et le faire lire autour de moi.




Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Chronique de la ville de pierre

J’ai longtemps hésité à lire Ismail Kadaré ; la figure de l’écrivain en exil, opposant au totalitarisme, m’assommait d’avance. Finalement ce livre m’a intéressée car j’ai découvert la seconde guerre mondiale d’un point de vue très différente du nôtre, celui des Albanais. Les habitants voient leur ville de pierre occupée alternativement par les Grecs et les Italiens, comme elle l’a été par les Turcs dans le passé. Ils n’ont jamais une vision surplombante des événements, ils vivent le quotidien d’un pays en guerre dans toute son absurdité.

La narration se fait du point de vue de l’enfant qu’était Kadaré à l’époque, et ce petit garçon apporte une touche de magie à tout ce qu’il voit. La ville est personnifiée, comme l’est aussi la citerne de la maison et ses échos mystérieux. Un chou transporté à la main par un des personnages devient à ses yeux une tête coupée. Les mots écrits dans les livres ou sur les affiches se transforment, ils prennent vie indépendamment de leur sens. Tout cela fait exister le personnage, alors que les autres sont comme des figures à l’arrière-plan. Malgré tout je n’ai pas pu m’identifier au petit héros, ni être vraiment emportée par ma lecture. Je l’ai appréciée comme un document plus qu’un roman.
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Chronique de la ville de pierre

Je viens de le relire, 20 ans après ma première lecture. Ce livre est moins sombre que je n'en avais gardé le souvenir, plus vivant et plus joyeux que la plupart des livres de Kadaré. Derrière les aléas qui malmènent cette ville austère, invasions successives, dictatures brunes puis rouges, bombardements, exodes, vit un enfant, relié à ses grands-parents, intrigué par les comportements des adultes. Bien que témoin d'horreurs, il garde de l'intérêt pour le monde qui l'entoure, aidé par une capacité à transfigurer ce qu'il voit.
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Chronique de la ville de pierre

Ismaïl Kadaré nous ramène en Albanie, à Gjirokaster, et nous conte les années 30 à travers la vision d'un jeune enfant courant de sa grande maison de pierre à celle des ses voisins, avide de racontars et de jeux d'enfants, et attentif aux superstitions des femmes et aux histoires sordides qui circulent.



Suivant le batifolage permanent du narrateur, le lecteur s'immisce dans la société albanaise, avec ses codes et ses traditions, mais aussi dans le microcosme d'une ville, d'un quartier. Mais le reste du monde n'est jamais bien loin, et les occupants italien et grec se succèdent, au grand dam pour certains, à la grande joie d'autres.



Une jolie fresque pour accompagner une petite virée dans cette très belle ville perchée sur les collines d'une montagne, même si cette lecture ne m'a pas laissé un souvenir impérissable ; j'ai préféré Qui a ramené Doruntine ? du même auteur.
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Chronique de la ville de pierre

Voici la chronique d'une ville albanaise à l'heure de l'occupation, tantôt italienne, tantôt grecque, au gré des éphémères victoires et des revers de fortune de ses envahisseurs. Accrochée vaillamment à un éperon rocheux, elle apparaît immuable dans sa complexion tarabiscotée et biscornue, carapace de pierre abritant la chair tendre de ses habitants, gens simples, mystiques et passionnés. C'est qu'elle en a vu défiler, cette ville de pierre, des hivers rigoureux, des tremblements de terre et des fléaux humains, tour à tour possession des Romains, des Normands, des Byzantins, des Turcs et des belligérants de la dernière grande guerre. C'est part le regard d'un enfant, plein de fantasmagorie, d'étonnement et de questionnement que se déroule cette chronique. Naturellement enclin à attribuer une personnalité à cette ville, ainsi qu'aux demeures de sa famille, des pièces de ces dernières, l'enfant demeure fasciné par le ballet, pourtant terrible, des avions de chasse et des bombardiers, alors que la ville se voit contrainte à la défense passive et que ses habitants se terrent dans les caves profondes transformées en abris anti aérien.



La réalité de la situation albanaise durant la dernière guerre était pourtant un sujet prometteur par son côté singulier et méconnu. Malheureusement j'ai trouvé la prose ou la traduction d'une platitude rébarbative, le récit m'est assez vite apparu comme une collection d'anecdotes plus ou moins pertinentes.
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